Travel fast, live slow

Jarres  pour la fermentation des prunes – Hadong ( © Albin Rousseau)

« Travel fast, live slow« ‘ n’est pas le slogan d’une agence de voyage alternative de Portland mais le sous-titre du magazine du KTX, le TGV coréen. Il reflète bien le paradoxe du rythme coréen, toujours en tension entre vitesse et respect des traditions. Le développement des technologies a considérablement modernisé et facilité la vie quotidienne pourtant la population semble avoir conservé un certain attachement à la lenteur (dans le bon sens du terme).

Au restaurant, les coréens mangent vite, dans des décors peu soignés où seul le produit est valorisé. Une fois le plat terminé, ni dessert, ni café, on se lève pour aller payer directement à la caisse et laisser la place aux prochains clients. Hors de question, comme en France, de traîner à table pendant des heures après le dessert et d’attendre que le garçon pose l’addition sur la table pour comprendre qu’il faut s’en aller. En revanche, les conversations se prolongeront dans un salon de thé ou dans un karaoké (dans ce cas, pas la conversation, juste la soirée car le son…).

Marché de Hwagae – Slow city

Pourtant, le mouvement Slow food est très répandu en Corée. J’ai été un peu surprise en apercevant pour la première fois le fameux escargot dans un village reculé de la campagne, mais il s’agissait bien de l’icône Slow Food. Il faut dire que la cuisine coréenne s’y prête parfaitement: recettes séculaires dans tous les restaurants, cuisine à base de produits locaux, plats qui prennent leur temps (fermentation du kimchi) …

Le respect des traditions est presque un peu troublant. En fonction de leur région, les restaurants proposent tous la même carte, exécutée de façon plus ou moins talentueuse. A l’exception de quelques restaurants branchés de Séoul, aucun cuisinier ne semble vouloir prendre l’initiative de brusquer les recettes de ses ancêtres. Idem pour les pâtisseries. A Gyeongju par exemple, la spécialité locale, c’est un gâteau fourré à la pâte de haricots rouges. Des dizaines de boutiques se juxtaposent dans la ville. On aperçoit dans chaque vitrine, le travail des chefs appliqués à confectionner les petites bouchées mais aucun ne propose de version légèrement différente de l’original. Drôle d’effet de la concurrence.

L’avantage, en revanche, c’est que les spécialités régionales prennent tout leur sens. Il y a un réel plaisir à revenir d’une région avec son pot de kimchi local, à saliver à l’idée d’un déjeuner dans les restaurants en sachant qu’on trouvera difficilement leurs plats ailleurs.

Love or hate it – porridge coréen. Un des plats emblématique de la slow food en Corée

Are you scared ? crêpe coréenne oignons, poulpes et choux + beignets

Champs de pruniers en fleurs

( © Albin Rousseau)

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