« Môt phở chiên ròn … Cám ùn »

 

Quand j’ai retrouvé ma copine Caroline, arrivée 5 jours plus tôt au Vietnam et que je l’ai entendue interpeller le serveur avec une intonation parfaite « Em lỗi, ba bia hơi« , je me suis faite toute petite.

Dans un article, Garance Doré faisait la liste de ce qu’elle ne serait jamais. C’est vrai qu’en (grandissant ? vieillissant ?) hum, mûrissant, il y a des compétences que l’on renonce à acquérir. Et ça soulage. Moi par exemple, je ne serai jamais douée pour les langues.

Et le vietnamien, c’est du boulot car tout est une question d’intonation.

Pour la soupe, si vous prononcez « fo ga » au lieu de « feu ga« , et bien vous commandez une rue au poulet. Et en plus comme il existe effectivement une rue du poulet à Hanoi, le serveur risque juste de vous indiquer la direction.

Mais, comme je m’acharne dès qu’il y a un rapport avec la nourriture, mon vocabulaire culinaire commence à s’étoffer et je peux maintenant déchiffrer la plupart des grands écriteaux qui signalent, sur le bord des routes, la spécialité des restaurants : phở bò, phở gà, (soupe de nouille de riz au boeuf/poulet), đĩa cơm (riz servi avec des accompagnement), my xao, phở xào (nouilles chinoises/de riz sautées), phở chiên ròn* (galettes de riz fraîches frites avec des légumes comme sur la photo), Phở cuốn* (rouleaux de galettes de riz fraîches avec des herbes et du bœuf sauté) …

Pour le reste j’avais décidé de m’en tenir au strict minimum pour éviter les dégâts tout en faisant acte de bonne volonté. Bonjour, merci, au revoir. Cela fait donc un mois et demi que j’essaie de prononcer « Cám ùn » (merci) correctement mais les gens rigolent toujours. Bon hier, j’ai appris que lorsqu’on prononce ce « Cám ùn » avec la mauvaise intonation, en fait on dit « ta gueule« .

* Pour manger des bons Phở cuốn ou un plat de  phở chiên ròn, c’est forcément sur les bords du lac Truc Bach et plus particulièrement dans ce restaurant : Pho Mai Huong, 25 Ngu Xa, Ba Dinh, Hanoi