Marché de Bắc Hà

Le dimanche matin, on se presse au marché de Bắc Hà.

Déjà, la route qui nous menait à la ville, annonçait la couleur. Deux-roues aux plus improbables chargements nous dépassaient sans cesse sur la petite route qui sillonnait dans la montagne entre les rizières, les plantations de thé et les bananiers. Dans une sorte de concours de disproportions, nous voyions défiler des kumquats en équilibre à l’arrière des scooters, de larges paniers en osier d’où dépassaient des groins, des queues, des griffes et toutes sortes de plumages. D’autres avaient renoncé au chargement, se serrant déjà à quatre sur la bécane.

Entre les étals à même le sol, les bousculades et les interpellations feraient passer l’heure de pointe du marché d’Aligre pour une vaste blague.

Au coeur du marché, à l’ombre des grandes bâches, on picole de l’alcool de riz dissimulé dans de petites bouteilles de soda. On joue de la flûte et on fume entre copains. Homme-femme. Chacun son coin.

Dans la cohue, on se fait une place à l’une des grandes tables, là où les herbes semblent les plus fraîches et les visages les plus réjouis. Mécanique implacable du Phở. Nouilles-Herbes-Viandes- Bouillon. La cuisinière pose d’office devant chacun de nous un bol brûlant de ce bouillon du nord, le plus clair du Vietnam. Il a le goût des os de boeuf longuement infusés dans l’eau, de la coriandre et du basilic anisé. Certains l’agrémentent d’épais morceaux de gelée de maïs. On se contente pour notre part d’y ajouter un trait de citron vert et une pincée de piment, avant de repartir marcher dans les montagnes.

 

 

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