Le temps d’un été

J’ai retrouvé Paris comme si je ne l’avais jamais quittée et tenté d’étouffer la nostalgie sous les Croissants. Mais la coquine prend par surprise. Elle se glisse dans les moments de rêverie, surprend le dormeur à son réveil quand il se découvre revenu à la case départ ou vous assaille au carrefour Choisy-Tolbiac lorsque l’odeur du pho vient vous taquiner les narines.

Ce ne sont ni la baie d’Ha Long, ni la vallée de Sapa, ni la cité impériale de Hué qui me manquent mais les petits riens du quotidien. J’ai la chance de voyager souvent mais suis pourtant une incurable routinière, capable de m’inventer des habitudes dans une ville où je reste une heure. Je pourrais ainsi vous parler avec émotion, comme si cela avait rythmé ma vie pendant dix ans, de la cantine à bun cha au pied de l’immeuble, de la cabane à Bun bo nam bo qui semblait perchée sur un arbre, de ma main qui pioche dans le panier d’herbes fraîches, du soleil brûlant sur ma peau sur le chemin de Sao Mai, des petits carreaux légèrement verdis au fond de la piscine, des pêcheurs de Tay ho immergés dans le lac jusqu’au cou, de l’odeur matinale des boulettes de porc grillé, du contact contre mes lèvres du verre en plastique de thé au jasmin glacé, de la lourdeur de la porte coulissante au moment de garer le scooter, des incessants klaxons (non pas ça quand même)… La force de l’habitude a solidement ancré en moi ces odeurs, ces saveurs et ces sons de Hanoi. Ces gestes banals que l’on imaginait parangons du familier et où se cachent en fait le dépaysement, l’étrangeté et les souvenirs les plus vivaces de nos voyages.

Mais je ne m’en fais pas, je suis terriblement cœur d’artichaut en matière de ville. Une piscine municipale, une cantoch’, un café calme où travailler, et j’appelle « home » toutes les villes, après à peine quelques heures… jusqu’à la prochaine.

Le Bun Bo nam bo du retour pour 6:

  • Salade et herbes fraîches : coriandre, menthe, basilic anisé…
  • Vermicelles de riz, les « bun », 400 gr. env.
  • Soja: 4 poignées
  • Papaye verte (à défaut concombre) 1/2
  • Carotte 1
  • Bœuf. Comptez entre 50gr et 100 gr. par personne. Bavette chez moi.
  • Citronnelle. 1 tige
  • 3 c.s de nuoc mam
  • Cacahuètes. 2 poignées

La sauce :

  • Nuoc mam. 6 c.s.
  • Sucre de palmier ou en poudre. 3 c.c
  • Eau
  • Ail. 1 gousse.
  • Piment rouge.
  • Citrons verts. 3.

  1. Vermicelles. Faites ramollir les vermicelles dans de l’eau très chaude mais pas bouillante pendant env. 20min avec les germes de soja. (Si vous souhaitez que les germes de soja restent très croquants, vous pouvez uniquement les rincez).
  2. Salade et herbes. Lavez la salade, coupez-la grossièrement. Rincez les herbes, ciselez-les.
  3. Papaye/Carotte. Épluchez la papaye et la carotte, râpez les grossièrement.
  4. Le bœuf. Coupez le bœuf en lamelles assez fines pour pouvoir le manger à la baguette. Faites le revenir dans une c.c d’huile neutre avec la citronnelle émincée et 3 c.s de nuoc mam.
  5. Les cacahuètes. Torréfiez les cacahuètes quelques minutes à la poêle, le temps qu’elles dorent sans noircir. Concassez-les grossièrement dans un mortier.
  6. Sauce. Mélangez le nuoc mam et le sucre. Ajoutez le même volume d’eau et selon vos goûts ail et piment.
  7. Assemblez dans cette ordre : salade, herbes, vermicelles/soja, bœuf, papaye/carottes , cacahuète

Servez avec la sauce, des quartiers de citron, du piment, et du nuoc mam pour que chacun puisse rectifier la sauce.

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