Sur les rives du Mékong – Laos

J’ai franchi la frontière cambodgienne pour rejoindre la ville de Kratié sur le route de Phnom Pehn.

Face à moi, encore et toujours le Mékong. Pourtant, on ne se lasse pas de voyager dans une carte postale. Au sud du Laos, le maillage serré de la région des 4000 îles intensifie le rôle du fleuve dans la vie quotidienne. A gauche ce sont des enfants qui plongent et s’éclaboussent, à droite des buffles qui pataugent nonchalament en regardant les bateaux passer (ici pas de chemin de fer), un peu plus bas c’est l’heure de la toilette pour les femmes. De l’eau jusqu’à mi-cuissent, elles tiennent fermement leur sarong d’une main et se savonnent énergiquement de l’autre. Déjà les hommes arrivent, on les voit descendre la berge pentue et parcourir les quelques metres de plage (saison sèche oblige) un petit panier en plastique bleu à la main d’où dépasse une brosse à dent. Sur les rives, les fillettes reviennent de l’école en se tenant le dos bien droit sur leur vélo tandis que les petits garçons semblent faire des pas trop grands pour eux.

C’est dans cette campagne que j’ai élu domicile pour quelques jours, laissant mes parents rejoindre la capitale lao puis thaï puis enfin française. La grande cuisine de la guesthouse m’y a décidé, la patrone ayant accepté de me garder en observation (je ne sais pas qui oberservait qui) pendant quelques jours. Une fois les mesures de quarantaine respectées, j’ai pu quitter mon tabouret décati près du panier à riz gluant pour couper les légumes, faire frire l’ail et ajouter le lait de coco. J’ai laissé égorger et plumer les poulets dans mon dos. J’ai retrouvé ma Paulette en une vieille cuisinière à la façon dont elle trempe furtivement son doigt dans les plats pour goûter la sauce du bout de la langue et finir par juger imanquablement que « ça manque de sel ».

En ville, c’est une autre histoire, les berges sont bétonnées pour permettre l’installation à la tombée du jour de dizaines de gargottes. Ici, on vient après l’école, encore en uniforme, pour siroter un jus de canne. Comme dans toutes les villes, les adolescentes ricanent, leur portable et quelques gris-girs posés sur la table en observant la bande de garçons quelques tables plus loin. Puis les hommes prennent le relai, on boit des bières, on grignote des patés de poisson en écaillant quelques œufs. C’est dans les environs que l’incorrigible fêtarde que je suis (sic) a pu assouvir sa soif de boîtes et de karaoke, bien souvent j’ai fait la fermeture des bars… au Laos, il y a un couvre-feu à 23h30

A présent, direction Phnom Penh.