Menues obsessions – Osaka/Kobé

Derniers yuzu de la saison et gâteau matcha-azuki

Pour une fois, nous n’avons pas râlé face à la rigidité de l’administration. S’il fallait impérativement qu’Albin sorte des frontières coréennes pour obtenir son visa de travail, nous pourrions nous résoudre à partir  au Japon pour le week-end.

C’est au pas de course que nous avons sillonné Osaka et Kobé pendant quatre jours, chacun guidé par nos obsessions. Pour l’un, béton apparent, architecture minimaliste, mariage du verre, du granit et de l’acier, structures desquelles se joue la lumière indirecte, filtrée ici par une pièce d’eau, s’échappant, là, d’une faille dans la façade. Pour l’autre, dashi umami, poulet au yuzu, boeuf wagyu, thé matcha mousseux et sablés au sésame noir.

En 4 jours, on n’a pas le temps de se laisser vivre au rythme du pays, ni même de le découvrir au delà des images plus ou moins représentatives que nous nourrissons depuis la France.

Musée d’art de la préfecture de Hyogo (Kobé) et premiers cerisiers en fleurs

Nous avons pourtant eu quelques frissons lorsque l’espace d’un instant, un sentiment de familiarité avec les habitants nous était offert. En nous glissant dans les yukata soigneusement pliés sur notre lit à l’hôtel, nous nous glissions par le même mouvement dans un peu de quotidien. En descendant le soir au bain collectif, par l’ascenseur où nous nous retrouvions tous en pantoufles, nous nous sentions complices de ces familles en goguettes, de ces adolescents en voyages de classe ou de ces business man ayant fini trop tard.  En rentrant du supermarché Life, quelques courses sous le bras, nous nous prenions délicieusement au jeu de faire comme si…

Durant ces quatre jours, il y a eu aussi, et au contraire, le plaisir de se sentir étranger pour pouvoir bénéficier de la gentillesse d’un maître sushi qui nous tend discrètement de petites assiettes supplémentaires, pour entendre nos noms cités à la fin d’une messe dominicale où nous nous étions mêlés au fidèles pour pouvoir observer l’oeuvre de Tadao Ando, ou pour s’en remettre entièrement à l’autoritébienveillante du serveur d’un bar à saké nous comprenant désemparés face à une carte où nous ne pouvons pas déchiffrer le moindre mot.

Exposition Yayoi Kusama et Shintenoji temple (Osaka)