Exonéré de droits de donation

Non, non, non… ne partez pas ! Ceux qui me connaissent un peu en vrai savent que je pige sur d’autres supports de façon beaucoup moins alimentaire (ou beaucoup plus, c’est selon). Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas vous parler ici de l’évolution de la fiscalité des donations pour ce nouveau quinquennat mais d’une niche fiscale préservée, une transmission de patrimoine exonérée sans plafond de droit de succession : la cuisine de famille. A priori pas réforme en vue de ce côté là, quoi que la nouvelle génération doit bien apporter sa touche, mais dépêchez-vous quand même de faire cette recette avant l’été. Par 35°c, c’est peu probable que vous en ayez autant envie.

Vous avez déjà eu un aperçu de la sauce à l’estragon et aux oeufs de mon père.  Je récidive avec le même complice ;  cette fois c’est boeuf aux carottes.

Boeuf aux carottes :

  • 1,7 kg de boeuf, joue et queue si possible, sinon n’importe lequel de ces morceaux bien gélatineux situés sur les pattes de la bestiole: gîtes, macreuse…
  • huile d’olive
  • 100 gr. de lard fumé (éventuellement plus si son goût fumé est discret)
  • 5 gousses d’ail (ici ail nouveau)
  • 50 cl. de vin rouge (ici Côte du Rhône village)
  • une dizaine d’oignons nouveaux
  • une douzaine de carottes
  • 4-5 tomates fraîches ou en boîte entières
  • une bonne pincée de Raz-el-hanout *
  • Pour accompagner: pomme de terre, tagliatelles, …
  1. La viande:  Sortez la viande du réfrigérateur 1h avant de la cuisiner afin qu’elle soit à température ambiante. Normalement le boucher l’a découpée en morceaux de 6-7 cm, sinon faites-le.  Tranchez le lard en lardons. Préchauffez à feu vif une cocotte avec un fond d’huile d’olive. Faites dorer la viande sur toutes ces faces avec les lardons. Baissez le feu. Ajoutez le vin, l’ail épluché et une tomate épluchée, épépinée et coupée en morceaux. Salépoivrez.
  2. Les légumes: Épluchez carottes et oignons (grand moment d’émotion). Coupez les grossièrement. Vous pouvez laisser entiers les plus petits oignons. Faites revenir ces légumes dans une grande poêle préalablement préchauffée avec un fond d’huile d’olive en évitant que ça ne colore trop puis laissez cuire à  feu doux pendant 1H**. Ajoutez ensuite, 3-4 tomates épluchées et épépinées et une bonne pincée de raz-el-hanout, salépoivrez. Mélangez et laissez cuire encore 1 heure.
  3. L’ensemble : Comme le plat est meilleur le lendemain. Attendez donc la recuisson pour mélanger carottes et viande et laissez cuire à feu très doux encore 1h ou 2***.Epluchez et faites cuire des pommes de terre à la vapeur. Servez.

Raz-el-hanout ? Mélange d’une vingtaine de fleurs et d’épices très utilisé au Maghreb, notamment pour les tajines, les légumes… J’étais un peu surprise de voir mon père en utiliser dans cette recette car normalement il n’est pas très fusion food (oh, le gros mot), surtout avec la viande de boeuf.  Mais je dois dire que ça allait très bien avec le mélange carottes-tomates. En plus, ça tombait bien car la maison Thiercelin (vous connaissez ?) m’avez envoyé un pot de leur Raz-el-Hanout du Roy. J’ai trouvé que leurs produits étaient de très bonne qualité (et ce n’était pas gagné, vu qu’en bonne blogueuse, je suis quand même un peu amoureuse d’Olivier Roellinger). Il faudra que je vous parle de leurs poivres. Autre très bonne surprise. Merci à eux pour l’envoi de qualité.

** Pourquoi commencer séparément la cuisson des carottes ? Dixit mon père cela évite qu’elles ne s’imbibent trop de vin dès le départ. Là elles peuvent confire tranquillou dans leur huile d’olive.

*** Et la sauce on l’épaissit ? pas à la maison, du coup la sauce  reste assez liquide mais c’est très bien pour pouvoir y écraser les patates. Sinon rien ne vous empêche d’ajoutez à la sauce, au moment de la recuisson, 1 c.s de maizena, prélablement délayée dans un fond d’eau.